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Publié par CALISTO, écrivaine et sexologue

L'addictologie, dont l'objet est l'étude des aspects théoriques cliniques et thérapeutiques des pathologies addictives, est une discipline récente.

 

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Mot de l'éditeur :
L'addiction, comme l'on sait, est une conduite humaine complexe, dont les approches sont au carrefour de nombreuses disciplines, sciences humaines, biologie, clinique médicale et psychiatrique notamment. Il est d'usage, pour définir l'addiction, de se référer aux travaux d'un psychiatre nord-américain, Aviel Goodman, qui en décrit deux aspects essentiels : l'appétence spécifique pour une substance psychoactive ou un comportement à visée psychostimulante et hédonique, avec « perte du contrôle » de la capacité d'une modulation en fonction des circonstances, de la culture, des habitudes du milieu ; la poursuite de ce comportement malgré ses conséquences délétères sur la santé physique, psychique ou sur l'adaptation sociale.

La rédaction d'un Traité d'addictologie est un projet ambitieux mais aujourd'hui nécessaire. Le développement des conduites addictives constitue, en effet, un grave problème de santé publique, dans nos sociétés marquées par l'effacement des idéaux et des valeurs partagées, la diversité culturelle, l'individualisme, la généralisation du recours à ces médiateurs du plaisir et de la relation aux autres que sont l'alcool, les drogues, mais aussi le jeu d'argent, la nourriture ou la sexualité. Le nombre des questions à traiter, la multiplicité des données, la diversité des approches et des dispositifs de soins justifient pleinement l'ampleur du traité.

Quelle est la validité, quel est l'intérêt de la notion d'addiction, et quelles en sont aussi les limites ? Cette problématique générale est l'objet d'une partie essentielle de ce traité. Le terme d'addiction, chacun le sait, est ancien, vieux terme juridique français signifiant la « contrainte par corps ». Son retour en force, depuis les années 1980, s'est fait sous l'impulsion de la psychiatrie anglo-saxonne jusqu'à ce qu'il s'impose en France, délimitant une discipline, l'addictologie, progressivement dégagée des champs épistémologiques de la psychopathologie, de la médecine, de la neurobiologie et des sciences humaines comme l'anthropologie et la sociologie.

Dès 1978, Griffith Edwards, à la tête d'un groupe d'experts de l'OMS, distinguait, à propos des consommations pathologiques d'alcool, les incapacités liées à cette consommation du syndrome de dépendance dont il proposait une clinique psychologique et comportementale affinée. Cette distinction allait faire école : les classifications de portée internationale, et notamment le DSM-III en 1980, décriront, à partir des travaux d'Edwards, un syndrome de dépendance, dont les critères cliniques seront communs à l'ensemble des dépendances aux substances psychoactives. Il n'en fallait pas plus pour que l'idée d'une unicité des addictions soit lancée.

 

 

Extrait du livre :

Professeur Michel REYNAUD, chef du service addictologie à l'Hôpital Paul-Brousse de Villejuif.

Un certain nombre de données récentes permettent de mieux comprendre le phénomène addictif, justifient une approche commune et éclairent l'intérêt principal de cette approche : mieux prévenir l'installation des addictions et mieux soigner nos patients.
Les éléments nouveaux légitimant cet abord des addictions nous paraissent être de trois ordres :
- une redéfinition des concepts qui permet non seulement de mieux affiner la clinique, mais aussi de s'intéresser aux états précoces de l'addiction, à savoir les usages à risque et l'usage nocif ; l'analyse fine de ces états cliniques, et leur éventuelle évolution vers la dépendance permettant de mieux préciser ce qui revient à la pression environnementale et ce qui est sous-tendu par des facteurs de vulnérabilité individuels ;
- une connaissance de plus en plus approfondie des mécanismes neurobiologiques des addictions comme les atteintes des différents étages de la voie dopaminergique mésocorticolimbique qui sont reliées à différentes caractéristiques cliniques de l'addiction (le besoin, les perturbations de la gestion des émotions et le fonctionnement cognitif apparemment paradoxal du sujet dépendant). Les données de la neurobiologie - confortées par l'imagerie cérébrale - permettent de comprendre comment les drogues, en s'immisçant comme de véritables leurres pharmacologiques dans les mécanismes de régulation des voies du plaisir et de la souffrance, de l'approche et de l'évitement. viennent dérégler, en introduisant un besoin primordial, nos mécanismes subtils d'équilibre entre l'autonomie - la prise de risques et la recherche de sensation - et la dépendance ;
- une analyse de plus en plus fine des facteurs de risque et de vulnérabilité, tant sur les plans biologique et génétique qu'environ­nemental et social, qui vient conforter les données déjà acquises par la clinique et l'épidémiologie.
Enfin, et peut-être surtout, l'approche commune des addictions permet de mieux prévenir, de mieux soigner et de mieux organiser la réponse sanitaire.

 

Fiche Technique traité d'addictologie :

PREFACE :  Jean ADÈS                 EDITEUR : Flammarion
ANNEE :  10/2006
RELIURE :  Relié
NOMBRE DE PAGES :  800
ISBN 10 :  2257120043
ISBN 13 :  9782257120045

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