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Publié par CALISTO, écrivaine et sexologue

 

Mercredi 20 mars 2013 à 20h45, sur France 3

 

DSK,

l’homme qui voulait tout

 

Un film de Gérard Miller et Anaïs Feuillette

 

 

L’homme qui voulait tout se propose d’emmener le téléspectateur dans l’envers du décor d’un homme dont on croit savoir beaucoup parce qu’il s’est montré souvent, mais dont le paradoxe était justement d’avoir su se cacher… en pleine lumière. Un homme dont il faut parcourir les méandres de l’histoire personnelle comme de l’inconscient, pour avoir une chance de l’entrevoir dans sa réalité, c’est-à-dire au-delà de la mythologie qu’il a lui-même contribué à écrire.

Et pour Gérard Miller et Anaïs Feuillette, la réalité de DSK, c’est d’abord la boussole qu’il a suivie tout au long de sa vie, celle de son propre désir. Comme si celui qui prétendait, il y a deux ans encore, représenter la France entière, avait choisi comme interlocuteur privilégié non pas le pays réel, mais le réel de ce désir.

Parcourant les archives de ces 50 dernières années, interrogeant ceux qui l’ont connu de près (qu’ont-ils vu ? qu’ont-ils deviné ? qu’ont-ils méconnu ?), mettant en évidence des aspects inconnus ou sous-estimés de la vie de DSK, Gérard Miller et Anaïs Feuillette ont donc cherché à comprendre quelle a été la logique personnelle de l’ancien directeur du FMI, d’où un documentaire sans conteste freudien, qui situe l’une des histoires les plus extraordinaires de la République dans son contexte subjectif, et le rend  du coup lisible.

 

 

Produit par Morgane avec la participation de France 3

 

Directrice de l’unité Documentaires : Dana Hastier

 

Conseillère de programmes :Clémence Coppey

 

 

 

Note d’intention de Gérard Miller et Anaïs Feuillette

Sofitel, Carlton… Deux hôtels devenus à leur corps défendant les signifiants d’une pulsion sexuelle énigmatique, celle d’un homme que l’on croyait connaître parce qu’il était public, mais dont on se dit après coup qu’il nous avait caché l’enchevêtrement de ses désirs.

Et pourtant, lui-même ne dissimulait rien de ce qu’il était, tant il est vrai que Tartuffe n’était pas son genre… Seulement voilà, personne ne voulait le voir dans sa complexité même, si éloignée de la « normalité » parfois caricaturale que ses semblables en politique affichent à l’ordinaire. Personne ne voulait ou plutôt personne ne pouvait le voir, car manquaient les clés de cette subjectivité hors normes, qu’on a l’habitude de croiser dans la fiction, mais dont on s’imagine qu’elle n’existe pas dans la « vraie vie ».

 

En tout cas, c’est notre hypothèse de départ : l’inconscient de DSK est celui… d’un personnage de roman.

A la différence de la plupart des êtres humains qui ne terminent jamais ce qu’ils commencent, les personnages de roman, eux, vont jusqu’au bout de ce qui les aimante, au péril de ce qu’on appelle le bonheur, et qui se confond souvent avec la paresse. Jusqu’au bout de leur haine, jusqu’au bout de leur amour, jusqu’au bout d’un désir qui les consume et avec lequel ils ne négocient pas. C’est pourquoi la chute, voire la mort n’est jamais loin des héros de fiction, car c’est le pire qui conclut avec le plus d’évidence les histoires qui sortent du quotidien.

Parce que chacun, y compris parmi ses plus proches, fit tout au contraire le pari du réalisme contre celui du désir et réussit à se persuader que DSK était certes un libertin impénitent, mais under control, la fellation hôtelière du 14 mai 2011 fut vécue comme un cataclysme incompréhensible. Du coup, le grand patron qui dirigeait de main de maître un FMI omnipotent en ces temps de crise, le vainqueur annoncé d’une élection présidentielle française qui semblait n’attendre que lui, l’animal politique promis aux plus glorieux des destins, se transforma instantanément en bête du Gévaudan, en griffon, enfant obscène que Don Juan aurait eu avec Jack l’Eventreur !

La France, incrédule, pensa immédiatement au complot. Les socialistes qui croyaient avoir couvé un demi-dieu se dirent qu’ils avaient accouché d’un monstre. Et les médias du monde entier, multipliant à l’infini les images du Titan menotté, se tournèrent en désespoir de cause vers les spécialistes ès tératologie, espérant que la science des monstres les éclairerait sur une telle anomalie, avec un peu de chance, congénitale.

 

Eh bien, nous avons voulu que notre film soit aux antipodes de cette sidération-là. Car l’histoire que nous raconte l’ancien maire de Sarcelles n’est « monstrueuse » que pour qui

continue de croire que les êtres humains veulent leur propre bien et préservent leurs intérêts. La psychanalyse, en tout cas, dès le premier jour où elle fut inventée, dit le contraire. Et Freud imaginera précisément un « au-delà du principe de plaisir », où tout homme est livré à des satisfactions inconscientes autrement plus puissantes que celles dont il croit se délecter. Satisfactions inconscientes et insistantes qui peuvent fort bien provoquer sa perte, car bien trop pressantes pour être maîtrisées.

 

L’histoire de DSK, c’est l’histoire d’un homme dont l’entourage sous-estimait manifestement la jouissance, comme s’il n’était qu’un polisson, un noceur, un dragueur un peu pressant. Certes, toutes les charges contre lui ont été abandonnées aux Etats-Unis, mais il aura tout de même risqué d’être emprisonné à vie pour séquestration, tentative de viol, acte sexuel criminel et quatre autres chefs d’inculpation !

 

Pendant des années DSK avait pourtant multiplié les passages à l’acte comme autant de signaux d’alarme, il avait fait du border line un art de vivre et il l’avait fait ouvertement. Non, le donjuanisme ou le libertinage n’ont jamais été le problème.

 

Le problème, c’est que DSK ne voulait renoncer à rien.

 

Il voulait vivre aux côtés d’une épouse dévouée et multiplier les aventures. Devenir le leader de la gauche unie et jouir d’un ryad à Marrakech. Etre à midi l’égal de Barak Obama et à minuit le compère des Pieds-Nickelés de Lille.

 

DSK voulait jouir de l’amour, du pouvoir, du sexe, de l’argent, mais aussi de cet enivrement pernicieux que procure l’irresponsabilité à ceux qui se croient sans maître.

 

Disons-le tout net : c’est ce qui fait et la grandeur de DSK et sa décadence. L’homme qui voulait que son royaume soit sans limite alors même qu’il n’y a de royaume, si étendu soit-il, que limité. Très exactement, DSK voulait atteindre l’Elysée, mais sans rien lui sacrifier. Il refusait les inévitables renoncements auxquels tout gouvernant se plie, et emportant avec lui aux quatre coins du globe son phallus souverain, il le brandissait comme le plus précieux des sceptres.

 

Libre, DSK ? Ou prisonnier de ce qui, dans sa jouissance, lui échappait ?

 

 

 

Gérard Miller et Anaïs Feuillette

 

 

Source: extrait d'un message reçu ce jour de Gérard Miller (dimanche 17 mars 2013).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

frans tassigny 21/03/2013 08:07

Avec votre accord ? j'ai relayé vos info sur mon dossier :
DSK psychoanalysis by Gerard Miller : "The Case of DSK Sofitel is the culmination of a very logical story» • fr-angl
8 page(s), publiée le 21 mars 2013

Gérard Miller: «L’affaire du Sofitel est pour DSK l’aboutissement d’une histoire très logique» • L ancien chef du FMI,... http://fr.calameo.com/books/001343388a46276e37c3f

Je déplore le travail de Monsieur Miller, qu'il ai vu juste ou pas m'importe peu mais il relègue la psychanalyse au rang des journaleux.

Mes sources sont : http://bit.ly/WLiaWW

Cordialement

Frans TASSIGNY