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Publié par CALISTO

Parce que  le  jeune et genial Xavier Dolan fait partie de mes réalisateurs fétiches... 

PALMARÈS DE LA QUEER PALM: «LAURENCE ANYWAYS» de Xavier Dolan

Suzanne Clément dans «Laurence Anyways», de Xavier Dolan
Avant la cérémonie de remise des prix de la sélection officielle de Cannes, qui aura lieu ce dimanche 27 mai au soir, des récompenses ont déjà été distribuées, dont celles du prix d'interprétaiton féminine à Suzanne Clément pour sa performance dans le troisième film de Xavier Dolan, Laurence Anyways. Laurence Anyways a également été remarqué par un prix alternatif, la Queer Palm, qui récompense chaque année le film le plus «LGBT [Lesbien, Gay, Bi et Trans], Queer et décalé».
 Histoire d'amour bouleversante et impossibleLaurence Anyways, de Xavier Dolan (Un Certain Regard) est aussi en filigrane une réflexion sur la normalité. Qu'est-ce qu'une vie normale? Qu'est-ce qu'un amour normal? Qu'est-ce qu'une sexualité normale? Laurence (Melvil Poupaud), le héros, qui sait bien qu'il est une femme dans un corps d'homme, sans pour autant être homosexuel - il est amoureux d'une femme, ne fréquente que des femmes - ne rentre pas dans la norme. Son rouge à lèvres et ses faux cils ne collent pas avec le monde. Du lycée où il enseigne, il se fait renvoyer. Vivre caché? On apprendra bien plus tard que le directeur de l'établissement et l'un des responsables de Laurence sont homosexuels, ont une liaison, cachée. Vivre dans la norme, se mutiler pour rentrer dans la case. Norma - équerre en latin -  normalis renvoie à la perpendicularité. 
 Laurence est en interview. Il, devenu Elle, vient de publier un roman. A la journaliste qui l'interroge, Laurence dit espérer que la marge devienne la norme. Cela se passe à la fin des années 90. Laurence dit «C'est bientôt le 21e siècle après tout».
Voici un extrait de la critique de Jean-Michel Frodon sur ce film:
«Laurence Anyways raconte l’histoire d’un homme qui, à 35 ans, proclame à ses proches ce qu’il sait depuis longtemps: qu’il est en réalité une femme, qu’il se sent femme. Le film l’accompagnera durant dix ans à la suite de ce coup de Trafalgar, soit les dix dernières années du XXe siècle.Laurence Anyways n’est pas réductible à un film sur la transsexualité, ou l’identité sexuelle, ou même la liberté de choisir qui on est. C’est d’abord une étonnante histoire d’amour, entre Laurence et une jeune femme nommée Fred.»
Pour la première fois, la Queer Palm récompensait également un court métrage, rapporte Yagg. Ce n'est pas un film de cow-boys, court de Benjamin Parent présenté à la Semaine de la Critique, a remporté la première Queer Palm du court métrage.Ce court met en scène des adolescents qui parlent dans les toilettes du lycée du film passé la veille à la télévision: Le Secret de Brokeback Mountain. Avec La Bifle, autre court sélectionné à la Semaine de la Critique, il interroge le concept de virilité, comme l'expliquait Charlotte Pudlowsk:
Côté toilettes des garçons, Vincent est troublé. Il dit à Moussa: «T’as vu toi le film à la télé hier soir, Brokeback Mountain?- Non j’ai pas le droit de regarder la télé, ma mère elle trouve que ça abrutit. Mais à ce qu’il paraît c’est un super bon western.»L’autre baisse un peu la voix:«C’est pas un western. Il y a des cow-boys et tout. Mais c’est un truc nouveau. C’est genre… C’est un western de pédés.»Traduction: Vincent a été ému. Devant un film de pédés. Comme s’il était une femmelette. «Ce qui est intéressant chez ce personnage, estime Finnegan Oldfield, 21 ans, qui l’incarne, c’est l’ambiguïté entre son côté lascar et l’émotion qu’il ressent. Mais ce n’est pas évident d’assumer certaines émotions, ou de voir un film homosexuel, pour un garçon. On s’interroge en permanence sur sa virilité. Moi je commence tout juste à arrêter de me poser des questions.» «Il y a encore un an, voir des garçons s’embrasser ça me mettait mal à l’aise. Pas parce que je suis homophobe, prévient-il, mais parce que la virilité est un truc tellement important qu’on a toujours peur. Comme ça m’est arrivé de me dire "mais vas-y pleure pas t’es un mec". Mais bon j’ai vite lâché l’affaire, parce que ça fait du bien de pleurer.»

A retrouver sur le site Slate.fr et en attendant les Palmes de ce soir...

 

Cinématographiquement vôtre, CALISTO

 

 

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