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Publié par CALISTO

       Afin de poursuivre mon récent récit quant à ma rencontre très surréaliste avec ORLAN, voici quelques pistes supplémentaires photographiques/biographiques, lesquelles vous conduiront peut-être (et je vous le souhaite) par-delà le monde, jusqu'aux musées modernes et inspirés exposant ses oeuvres...

  

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 Crédits photographiques: Magali Croset  

 

 

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 ORLAN est une artiste plasticienne française née le 30 mai 1947 à Saint-Étienne. Elle nomme son art « art charnel », dans la mouvance de l’art corporel. Son œuvre est principalement axée autour de la modification corporelle de son propre corps.

 

    

extraits issus du site http://www.orlan.net/

 


ORLAN s’écrit en majuscules.
ORLAN n’a pas fait des opérations de chirurgie esthétique toute sa vie mais de 1986 à 1993 seulement.

 

Pourquoi le nom d’ORLAN ?

Changer de nom est dans l’esprit de l’invention de soi.
Après une séance de psychanalyse, je me suis rendue compte que j’oubliais des lettres de mon nom parental et que je signais "morte" sur mes chèques. J’ai voulu réutiliser les syllabes qui produisaient une connotation positive en conservant le mot "or", j’ai ensuite rajouté "lan" et à partir de ce moment, je me suis appelée ORLAN.

 

ORLAN aujourd’hui, c’est qui, c’est quoi ?
Je ne dis plus "Je suis" mais "Je sommes".
La première partie de mon travail est axée sur la recherche de l’identité et de la culture chrétienne. Cette culture chrétienne je l’ai découverte et apprise par le biais de l’histoire de l’art.

Les opérations performances chirurgicales m’ont servi de charnière de 1986 à 1993.
Par la suite, les séries post-opératoires ont été construites à partir de référents non occidentaux (modèles précolombiens, africains, américains-indiens, etc.)

 


Est-ce que vous êtes féministe ?
Je suis néo-féministe, post-féministe et alter-féministe !
Je considère que les discriminations sexistes, machistes et mysogines sont encrées dans toutes les religions, toutes les couleurs de peau et pays à des degrés différents.

C’est le plus grand apartheid qui existe, avec des millions de femmes qui n’ont pas le droit à l’éducation, à la parole, et qui n’ont pas accès aux soins médicaux. Beaucoup sont des esclaves sexuelles confinées à la maison et que l’on a le droit de battre, voire de tuer. Il est impossible de s’abstraire de ce problème mondial, même si lorsque l’on est artiste, on a d’autres problèmes à gérer.

En tant qu’artiste il y a souvent de la discrimination, même lorsque les enjeux professionnels deviennent sérieux (expositions dans les galeries, musées, commandes publiques…).
Les femmes artistes dans la majorité des cas en sont exclues.

 

Est-ce que vous êtes masochiste ?

J’ai toujours refusé le "corps-douleur". Je prône le corps sensuel, le "corps- plaisir".
J’ai toujours lutté contre les principes chrétiens de rédemption par la douleur.

Lors de mes opérations performances chirurgicales, le premier impératif conclu avec le chirurgien était que je ne voulais pas de douleur pendant et après l’intervention.

 

Quel est votre positionnement par rapport à la religion ?
Je n’ai pas reçu d’éducation religieuse, mes parents étaient libertaires espérantistes, anarchistes et anticléricaux.

Pour moi, Dieu n’est pas une hypothèse de vie ni de travail.

 

Avez-vous une définition de la beauté ?
La beauté est construite par l’idéologie dominante, elle nous désigne les modèles que l’on doit trouver beau.

 

Pourquoi vous intéressez-vous au baroque ?
Le baroque montre sainte Thérèse qui jouit de la flèche de l’ange dans une extase extatique et érotique.
Cela contredit la religion chrétienne qui nous demande de choisir entre le bien ou le mal. Le baroque remplace le "ou" par le "et". C’est un principe qui intervient dans beaucoup de mes œuvres.

 
J’ai toujours pratiqué la peinture, la sculpture, la poésie, le théâtre.

Comment avez-vous commencé à être artiste ?

Au début j’agissais avec un comportement rebelle, mais au fur et à mesure ma démarche s’est construite.

 

Pourquoi avez-vous des implants ?
J’ai eu cette idée de me faire poser des implants à la base fabriqués pour rehausser les pommettes.

Je les ai mis sur mon lobe frontal, ce qui n’est pas réputé à la portée de la "beauté". Je souhaitais ainsi apporter de la différence.

 

Pourquoi choisissez-vous d’intervenir sur votre corps ?

J’ai toujours interrogé le statut du corps dans la société et les pressions politiques, sociales et religieuses qui s’impriment dans les chairs.

 

Pourquoi faites-vous des opérations chirurgicales ?

J’ai choisi de mettre de la figure sur mon visage : j’opère un travail sur la figuration et la refiguration. C’est un sfumato entre présentation et représentation.
J’ai eu l’idée de remettre une image que j’aimais beaucoup, pas par nécessité de faire une opération chirurgicale, mais pour m’inventer moi-même. Je voulais changer d’image, pour faire de nouvelles images.

 

Pourquoi mettre en scène les opérations chirurgicales ?
Le bloc opératoire devait être mon atelier d’artiste et son esthétique devait être transformé pour le changer de manières colorée et humoristique

Je change l’aspect morbide du bloc opératoire en un lieu de performance et de vie.
J’avais dans l’idée de créer un film, des vidéos et des photos à partir des performances chirurgicales.
Chaque opération a été conçue à partir d’ un texte psychanalytique, littéraire, philosophique comme La robe d’Eugénie Lemoine-Luccioni, ou encore Le Tiers Instruit de Michel Serres.

 

Est-ce que vous pensez refaire des opérations performances chirurgicales ?
J’ai produit un buste en marbre de Carrare ; pour autant, cela ne veut pas dire que j’ai l’intention d’en créer toute ma vie.
Je ne suis pas intéressée par le matériau mais par l’idée.

J’essaie de trouver la bonne matérialité pour révéler l’essence même de l’idée.

 

Que pensez-vous de la chirurgie esthétique ?

Je ne suis pas contre, c’est une technique de notre temps.
En revanche je suis contre ses tentatives d’uniformisation et de normalisation qu’elle traduit.

 

Pourquoi l’hybridation ?
L’idée est de mixer les différences pour pouvoir les accepter.

Pour être en coexistence avec l’AUTRE et JE qui est aussi un autre.

 

Pourquoi choisir de créer des séries ?
Parce qu’on ne peut pas cerner la thématique d’une seule façon ; la série permet d’aborder une idée sous des angles différents.

 

Quel est votre positionnement par rapport à la maternité ?
Je suis assez radicale sur ce sujet. La Terre est surpeuplée et polluée. Un enfant de plus, c’est de la pollution en plus et avoir beaucoup d’enfants comme le préconisent les religions est extrêmement anachronique.

Cela crée de la misère en plus. Chacun règle ce problème comme il l’entend mais c’est une grande responsabilité de mettre un être humain au monde et sur notre Terre alors que les ressources s’épuisent.
Avec la contraception et l’avortement, la femme a la liberté de choisir et de vivre sa sexualité en dehors des fins de reproduction.

 

 

 

 

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