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Le Blog de Magali Croset-Calisto

Le Blog de Magali Croset-Calisto

Ecrivaine, sexologue clinicienne et psychoaddictologue. SOS Addictions, SFSC, AIUS, Académie des Sciences sexologiques. Rédactrice au Huffington Post, L'Obs, ActivMag, Mediapart. http://www.psycho-sante74.com


Melancholia: réponse au droit de réponse !

Publié par CALISTO sur 15 Septembre 2011, 20:02pm

Catégories : #Articles de Magali Croset-Calisto

Pour poursuivre la retranscription des échanges relatifs à Mélancholia de Lars von Trier, je vous propose ma réinterprétation du film à la lumière de ma récente lecture du livre:

Dejours-Christophe-La-Subversion-Libidinale-Corps-Biologiqu.jpg

Bonsoir Actéon,

 
Nous pourrons aller plus en avant concernant nos ressentis de Melancholia. Pour ma part et au regard de ma lecture de ces deux derniers jours de Dejours "Le corps, d'abord", j'envisagerais désormais ce film sous le signe du REVE, avec tout ce qu'il comporte: permission du retour du refoulé autant qu'opération même de refoulement. Et puis sous le signe de la pulsion de mort surtout.


D'un côté Justine en dé-liaison: 1ère partie du film
confusion (amentia)
rejet familial et rejet d'une certaine réalité
urgence de la décharge
compulsivité et répétition
désorganisation des régulations biologiques
Ics non refoulé, rejet vers l'extérieur
érotisation de la colère = violence (dans un premier temps)
Justine  du côté de la pulsion de mort

Et puis de l'autre Claire, mais Claire en tant que rôle à effet "négatif" sur celui de Justine.
Le retournement de la situation de par la manifestation des angoisses de Claire révèle en somme le basculement qui s'opère au sein de Justine. La pulsion de mort décrite dans un premier temps en tant que désorganisation et déliaison d'une part se meut en formidable garante d'autoprotection, propice au maintien d'une cohérence interne là où la pulsion de vie (plaisir tourné vers l'objet, "le dernier verre sur la terre") rend les derniers désirs totalement absurdes et vains.

Avec la figure de Justine, Lars von Trier met en scène les deux versants de la pulsion de mort dans ce qu'elle a de plus paradoxal : destructuration de l'appareil psychique d'une part et auto-conservation permettant d'affronter le pire d'autre part.  Tout cela au regard de la pulsion de vie (celle des autres) qui exulte vers le plaisir sans toutefois préparer ces mêmes personnes à affronter les dangers auxquels elles sont malgré elles, confrontées.

 

Discussions à suivre et à ouvrir à tous les lecteurs qui parcourront ces lignes bien-sûr...

 

CALISTO

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