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Publié par CALISTO

Avec Lars von Trier, la fin du monde s’annonce mélancolique et wagnérienne.

 

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        Sur le thème lancinant du « Tristan et Isold » de Wagner, le réalisateur présente avec son dernier film « Melencholia » un paysage verdoyant et apocalyptique digne du meilleur romantisme allemand. L’ouverture du film - défilant à l’écran sur plus de cinq minutes - s’avère époustouflante.

 

Images léchées et symbolique aux résonances multiples se chargent d’annoncer la mort des êtres à venir et, par-là même, la fin des temps. Comment ne pas penser au Desdichado de Nerval accompagné du « soleil noir de la mélancolie »… ou encore à Dürer et son « Melancholia I » où un ange blond est exposé déjà aux rayons néfastes d’une planète obscure…?

 

Durant la première partie du film, le spectateur retrouve la complexité des personnages chers à Lars von Trier. Le mariage mis en scène rappelle l’acuité des échanges de « Festen » où chaque personnage tient son rôle dans la cruauté humaine la plus exaspérante. Puis, alors que l’astre de l’apocalypse grandit, un basculement des comportements humains s’opère. Melancholia menace la terre et tout s’enraye. Tout déraille. Les personnages les plus forts vacillent, paniquent et finissent par se perdre, jusqu’à en mourir parfois. A quelques heures de la fin du monde, les contrastes contenus en chaque individualité se révèlent de manière criante et imparable. Lars von Trier joue avec les oxymores.

 

Seule Justine, héroïne dépressive et confuse au cœur d’une société qu’elle ne comprend plus, pourra appréhender le chaos à venir sans frémir. La jeune femme (dé)possédée détiendra la clairvoyance et le génie des poètes. Son corps nu, offert aux rayons d’albâtre de l’astre maléfique, signe l’une des plus belles images du film.

 

Noire sera peut-être la fin.

Mais la poésie et l’esthétisme de ce film vous sauveront assurément du « chaosmos » annoncé...

 

 

Bon film,

 

Magali Croset-Calisto

Août 2011

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