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Publié par CALISTO, écrivaine et sexologue

A vos amours !

 

Une fois par mois, ils se rencontrent dans les plus grandes villes de France pour échanger leurs expériences et réfléchir aux fondements de leurs relations amoureuses. Devant l’échec du mariage contemporain, les adeptes du polyamour réinventent la notion de couple et font voler en éclat les principes d’adultère et d’exclusivité.

Par Calisto, sexologue clinicienne

 

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Beaucoup pensent qu’il est impossible d’aimer plus d’une personne en même temps. La monogamie judéo-chrétienne (ou encore celle en série lorsqu’un compagnon de vie succède à un autre) demeure la norme en matière de vie de couple. Cependant, depuis quelques années, le « polyamour » représente une nouvelle tendance amoureuse européenne et connaît un essor considérable en France.

 

Théorie du polyamour

 Etymologiquement, le mot « polyamour » provient du grec et du latin signifiant « amours multiples », il fut tout d’abord utilisé dans les pays anglo-saxons sous l’appellation polyamory.

 

Le polyamour est une manière différente de vivre et de penser les relations sentimentales puisqu’il implique toujours plus de deux personnes. Ce choix de vie part de la constatation qu’une seule personne ne peut et ne doit être contrainte à combler tous les désirs et besoins d’une autre personne. Ouverture, respect et écoute de l’autre sont les maîtres mots. Le polyamour est intimement lié aussi aux notions d’honnêteté et de sincérité dans la mesure où il se construit sur la connaissance et l’acceptation de la situation pour chaque personne impliquée dans la relation (contrairement à la relation monogame classique qui se trouve confrontée dans 55% des cas à l’adultère et au mensonge qui en découle).

 

Le polyamour relève ni du libertinage, ni de l’aventure d’un soir. C’est un chemin de vie entre partenaires aux liens affectifs et/ou intellectuels très forts. Ce type de relation exige d’apprendre à gérer la jalousie. Le polyamour est une construction de vie à plusieurs, libre et assumée. Il se nourrit de confiance et de rapport égalitaire entre les partenaires. Contrairement à la vie de couple traditionnelle, les règles entre polyamoureux sont explicitées au début de la relation et chacun doit pouvoir y trouver sa place et son épanouissement personnel. Qu’il se fonde à partir d’un couple primordial constitué de « satellites » gravitant autour, ou encore de trio ou de quatuor revendiqué, le polyamour se joue des normes sociétales. Le seul mot d’ordre étant la qualité relationnelle et la confiance propice à l’épanouissement de chaque partenaire.

 

Pratique du polyamour

 En pratique, le polyamour repose sur quelques principes prédéfinis* :

 - - Comprendre qu’il est possible d’aimer plus d’une personne à la fois (tout comme il est possible d’aimer plusieurs amis et enfants en même temps).

- - Accepter les concepts d’une relation ouverte et assumée basée sur des principes de confiance et de communication. Le partage des ressentis est essentiel.

-   - Savoir que le polyamour est souvent incompris voire dénoncé par la société.

- -  Etablir ses propres buts et valeurs personnelles sur lesquels fonder le pacte interrelationnel (à chaque polyamoureux un mode de fonctionnement différent, notamment en matière de sexualité).

-  - Etre honnête et explicite vis-à-vis de l’ensemble des partenaires, les respecter dans leurs désirs et modes de fonctionnement.

-   -  Apprendre à tempérer sa jalousie.

-   -  Apprendre à gérer son temps. Certains partenaires ne se voient que tous les deux ou trois mois, d’autres tous les deux ou trois jours, d’autres vivent sous le même toit.

 

Malgré le manque de statistiques en la matière, les polyamoureux sont de plus en plus nombreux en France. Conscients des limites du mariage classique et désireux de s’épanouir personnellement, les polyamoureux revendiquent la qualité et la pérennité de leurs unions tout en déjouant les écueils de l’infidélité.  Alors, phénomène de société ou nouvelle forme de vie de couple à expérimenter ? A vous d’en juger !

 

 *Site internet http://polyamour.info/

 

 

  Retrouvez cet article dans la rubrique "Sexo by Calisto"

ACTIVES Magazine juillet-août 2014 

http://issuu.com/sopreda2/docs/2014_07_actives/13?e=4015123/8500169

 

 


 

 

 

Ecoutez l'émission

"A nos amours" 

59 minutes sur France Inter à écouter ici :

17.01.2013 - 23:00 Ajouter à ma liste de lecture
D'Alain Lewkowicz et Anne Franchini

      

Le polyamour cesse ainsi d'être exclusif ou fusionnel pour laisser la place à la diversité. La mise sous tutelle des émotions et des désirs, c'est terminé.

 

Tomber amoureux c'est se perdre, c'est perdre l'équilibre ! D'ailleurs, on dit « tomber amoureux ». Une chute souvent douloureuse que de plus en plus de gens ne veulent plus vivre.
Méta, Aurélien et Thomas sont des polyamoureux, adeptes du « polyamour », néologisme traduit de l'anglais « polyamory », concept qui développe l'idée d'amours multiples et qui regroupe les différentes pratiques de relations amoureuses avec divers partenaires du même sexe ou pas.
Apparue sous cette dénomination au début des années 90, cette manière d'envisager et de vivre l'amour théorise une remise en question totale et profonde du dogme de la monogamie traditionnelle. L'amour à la papa dans l'idéologie du couple transmise, normée, cadrée et transmise depuis le plus jeune âge, ça n'est pas pour eux. Exit les petits arrangements, les mensonges, les tromperies et autres hypocrisies, place à un autre idéal et à un autre pacte : être soi-même et sans tabou. Si le modèle dominant du couple qui impose à l'homme et à la femme une place bien définie continue à être la norme majoritaire à en croire les gens qui en parlent, combien sont-ils, secrètement, à vouloir vivre leur tandem autrement ? Ni échangistes, ni libertins et encore moins infidèles, désormais, les « poly » s'affichent publiquement et revendiquent des notions de responsabilité et de croissance personnelle l'idée d'aimer plus, sans se limiter à n'aimer physiquement qu'une seule personne. Ainsi, le polyamour n'implique pas nécessairement une dimension sexuelle mais oblige à une franchise sur l'existence d'autres partenaires. C'est la règle.
 

Un partenaire ne chasse pas l'autre mais il vient s'ajouter à l'autre. Plus d'exclusivité ni d'obligation de ne s'aimer qu'à deux.

 

Les « encouplés » des relations traditionnelles laissent donc la place aux « intimes », dont les liens sexuels n'ont plus à être précisés ou officialisés.

 


 

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Commenter cet article

David Vallet 12/07/2014 17:53

Révolution ou simple tendance consistant (encore et toujours) à jouir autant que possible avant de disparaître ? Affaire à suivre...
Bien à vous.
David

CALISTO, écrivaine et sexologue 15/07/2014 18:20



Merci de votre message David! A contrario du libertinage, le polyamour ambitionne non la jouissance des êtres mais la construction pérenne et assumée des liens humains. Pascal Bruckner a déclaré
l'année dernière que le mariage d'amour avait échoué. La théorie du polyamour témoigne de nouvelles règles de vie relationnelle conjugale, la pratique reste à observer... Affaire à suivre, en
effet ! Bien à vous David.