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Le Blog de Magali Croset-Calisto

Le Blog de Magali Croset-Calisto

Ecrivaine, sexologue clinicienne et psychoaddictologue. SOS Addictions, SFSC, AIUS, Académie des Sciences sexologiques. Rédactrice au Huffington Post, L'Obs, ActivMag, Mediapart. http://www.psycho-sante74.com


Gaetano Pesce : le design avec un peu de poésie se rapproche de l'art...

Publié par CALISTO, écrivaine et sexologue sur 29 Avril 2013, 18:06pm

Catégories : #Culture

Une confession de plus...

sachez que Gaetano Pesce fait partie de mes designers préférés

  

Alors quand Télérama lui offre sa "rubrique de l'invité", je ne peux m'empêcher d'en faire sur mon blog un relais illustré. J'ose le dire, Gaetano Pesce représente selon moi  l'un des meilleurs exemples de jeunesse (et oui) et de poésie subversive que compte le monde du design. Gaetano Pesce c'est l'audace incarnée, la modernité faite homme. Quand on sait de surcroît que par-delà l'esthétique de ses créations se trament des visées d'engagement critique et social, alors on ne peut qu'être conquis...

 

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http://www.gaetanopesce.com/

Gaetano Pesce : “Le design peut aider à prendre parti politiquement”

Le facétieux créateur italien a fait de son art un outil de critique sociale. A 73 ans, il croit dur comme fer au plastique. Et combat la standardisation. Il est dans “Télérama” du 20 au 26 avril 2013.

Il a réinventé les objets. Au XXe siècle, l’histoire des formes a connu pas moins de deux révolutions : la standardisation, il y a une centaine d’années, et le rejet de ce modèle, à la fin des années 60, par une poignée d’architectes et de designers italiens. Parmi eux, Gaetano Pesce.
Ce géant barbu, provocateur et souvent hilarant a transformé les produits de consommation en outils de débat politique ou culturel : avec lui, un fauteuil dénonce la condition des femmes, une table célèbre l’unification italienne.
Toute sa vie, ce poseur de questions s’est amusé à détourner un matériau industriel, le plastique. A 73 ans, il vient d’exposer à Paris une série de bijoux qu’il a fabriqués lui-même dans cette matière. Des pièces uniques aux formes déroutantes…
L’un de vos premiers projets, le fauteuil la Donna, en forme de femme, vous a rendu célèbre. Que vouliez-vous dire avec cet objet ?
Etudiant, j’étais déjà convaincu que l’art n’est pas tel que nous le pensons aujourd’hui. Car nous continuons d’en avoir une lecture romantique. Or, à la Renaissance ou au Moyen Age, c’était un produit. Quand la photographie n’existait pas, un portrait répondait à un besoin. Dans les chambres à coucher, on commandait des scènes de nu à un peintre pour s’exciter sexuellement. L’art remplissait des fonctions précises, comme aujourd’hui le design, et j’avais cet héritage en tête.
Je me suis alors dit que le design, si on lui ajoutait un peu de poésie, pouvait se rapprocher de l’art. Avec une telle vision, imaginer ce fauteuil, qui exprime l’idée que la femme est prisonnière des préjugés créés par les hommes, était très facile. Personne n’y avait encore pensé. Et cela a ouvert une nouvelle voie : le design-commentaire. Qui a, selon moi, un rôle important. Les frères Campana ou Ron Arad s’inspirent, dit-on, de mon travail. Mais ils n’ont pas encore poussé jusqu’au bout cette capacité d’utiliser le design comme forme d’expression artistique très efficace. Par exemple, ils pourraient dire non au voile islamique.
 
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Le fauteuil-femme la Donna. © Courtesy of Gaetano Pesce’s Office
Comment ?
Pas avec des mots, car c’est trop facile, mais en voilant une lampe, par exemple. Le message devient bien plus puissant, car on ne s’attend pas à ce qu’un tel objet délivre une critique sociale. Et je suis convaincu que ce type de design n’en est qu’à ses débuts. Il peut aider à révéler certains phénomènes religieux ou à prendre parti politiquement.
 
Pourquoi, au départ, avez-vous choisi le métier d’architecte ?
C’était pour moi le métier artistique le plus complet. Je viens d’une famille imprégnée d’art. Je n’ai pas connu mon père, il travaillait dans la marine, et est mort quand j’avais 8 mois. Nous étions pauvres, ma mère gagnait sa vie en jouant du piano. En m’intéressant aux compositeurs, en tentant de comprendre pourquoi quelqu’un a écrit telle musique à telle époque, j’en ai conclu que l’architecture était la meilleure forme d’art. Elle contient tout : le son, le mouvement, les trois dimensions, le temps…
Après, refuser de la pratiquer d’une façon banale découlait aussi de cette conception. J’en ai donc peut-être fait trois ou quatre fois dans ma vie. Car la véritable architecture est rarissime : si je pense au XXe siècle, le pavillon de Barcelone, construit par Mies van der Rohe en 1929, en est vraiment, c’est indiscutable. Mies a inventé un langage, une façon de construire, une technique. Frank Lloyd Wright aussi, avec sa maison sur la cascade. Mais le reste, ce qu’on voit dans toutes les villes du monde, ne sont que des produits.

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Bijoux de la série Pezzi per il corpo (2012). © Courtesy of Gaetano Pesce’s Office
Extrait des propos recueillis par Xavier de Jarcy, Télérama n° 3301.
L'entretien intégral avec Gaetano Pesce est à lire dans Télérama, n° 3301 du 20 au 26 avril 2013.

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