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Publié par CALISTO, écrivaine et sexologue

Un film, des articles et bientôt la sortie officielle de mon livre:

L'addiction sexuelle et ses représentations psycho-socio-culturelles (Edition Ovadia)

 

Les relations amoureuses des addicts au sexe

Par figaro icondamien Mascret - le 26/12/2013(Le Figaro)
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/12/26/21760-relations-amoureuses-addicts-sexe
 
 

Dans Don Jon , Joseph Gordon-Levitt (à gauche) interprète un consommateur compulsif de vidéos pornographiques qui tombe amoureux d'une jeune femme romantique incarnée par Scarlett Johansson (à droite).

 

Le film Don Jon , sorti mercredi, pose avec humour la question de l'hypersexualité. Selon une étude allemande, 75 % des personnes concernées souffrent de leur addiction.

Accros? Addicts? Hypersexuels? En sexologie, personne n'est d'accord sur le terme correct pour qualifier ceux qui ont une activité sexuelle excessive. Pas étonnant d'ailleurs, puisque personne ne sait à quoi correspond une quantité normale de sexe!

«L'excès» de l'un semblera ridiculement bas à un autre, cependant qu'un troisième considérera, par exemple parce qu'il est en couple ou profondément croyant, que toute activité solitaire est abusive. De plus, l'addiction au sexe peut prendre diverses formes. Les conséquences sont ainsi différentes pour l'individu qui se masturbe de façon compulsive et celui qui multiplie les partenaires. Enfin, le sexe n'étant pas une substance nuisible à la santé au même titre que l'alcool, le tabac ou la drogue, certains sexologues contestent l'idée d'addiction ou de dépendance. Un consensus semble néanmoins se faire chez les thérapeutes pour estimer que l'on pourrait parler d'hypersexualité à partir du moment ou une personne rapporte avoir des fantasmes, désirs ou comportements sexuels incontrôlables. Selon une étude menée en Nouvelle-Zélande en 2010, ce serait le cas de 7 % des femmes et 14 % des hommes dans la population générale. Mais 1 % seulement estiment que ceci a un retentissement sur leur vie.

Un traumatisme possible pour le partenaire

Plutôt que de longs débats théoriques, la psychologue Miriam Spenhoff et ses collègues de l'université de Hanovre (Allemagne) ont proposé un questionnaire à 362 internautes adultes se disant eux-mêmes «addicts au sexe» ou ayant des problèmes liés à une activité sexuelle excessive. Au total, trois personnes sur quatre se disaient en situation de détresse par rapport à leur hypersexualité. Le domaine de la vie quotidienne le plus touché était sans surprise leur relation avec leur partenaire, mais seulement 5 % rapportaient vouloir changer leur comportement pour cette raison (89 % de l'échantillon était hétérosexuel). C'est d'ailleurs cette situation qui est décrite avec humour dans le film Don Jon actuellement à l'écran. En revanche, la majorité était «intérieurement» motivée pour arrêter (60 %) ou réduire (22 %) son activité sexuelle. «Cependant, l'étude n'était pas conçue pour savoir si la partenaire était au courant du comportement hypersexuel. Or cela pourrait activer la motivation interne à changer, sans que cela soit forcément perçu comme une incitation extérieure», précisent les auteurs.

La découverte par le ou la partenaire de l'hypersexualité - qu'il s'agisse de masturbation ou de pornographie sur internet, ou les deux - est souvent un traumatisme important. Dans une étude conduite en 2006 par les psychologue américaines Barbara Steffens et Robyn Rennie auprès de 63 compagnes d'accros au sexe, deux sur trois présentaient même un syndrome de stress post-traumatique. Ces femmes, âgées de la quarantaine en moyenne, étaient en couple depuis une douzaine d'années au moment de découvrir l'hypersexualité de leur partenaire. Dans ce genre de situation, le sentiment de trahison et l'incompréhension dominent, ce qui peut nuire en profondeur à la stabilité du couple.

D'ailleurs, même si une prise en charge psychologique ou sexologique est amorcée, la franchise est importante pour la suite, en particulier en cas de rechute (fréquente), insiste le Dr Deborah Corley, du Santé Center for healing d'Argyle au Texas. Scarlett Johansson, qui interprète la petite amie d'un accro au sexe dans le film Don Jon, n'aurait pas dit autrement que le Dr Corley: «La confiance est l'une des caractéristiques les plus recherchées chez un partenaire potentiel». Dans une étude publiée cette année, l'experte américaine montre que les chances de survie du couple sont meilleures lorsque la rechute est avouée spontanément que lorsqu'elle est découverte par la partenaire.

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