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Le Blog de Magali Croset-Calisto

Le Blog de Magali Croset-Calisto

Ecrivaine, sexologue clinicienne et psychoaddictologue. SOS Addictions, SFSC, AIUS, Académie des Sciences sexologiques. Rédactrice au Huffington Post, L'Obs, ActivMag, Mediapart. http://www.psycho-sante74.com


Cachez cette dyspareunie que l'on ne saurait voir...

Publié par Magali Croset-Calisto, écrivaine et sexologue sur 9 Avril 2014, 17:18pm

Catégories : #Articles de Magali Croset-Calisto

Cachez cette dyspareunie que l'on ne saurait voir...

Rubrique Sexo by Calisto

ACTIVES Magazine, avril 2014 (p.16) 

 Cachez cette dyspareunie que l’on ne saurait voir… 

La dyspareunie est une douleur fréquente ressentie par les femmes lors d’un rapport sexuel. Sans toutefois être connue du grand public, la dyspareunie fait partie des troubles sexuels les plus courants. Elle touche plus d’une femme sur deux, au moins une fois dans sa vie. Quelles en sont les causes ? Comment la diagnostiquer? A qui s’adresser ? Petite mise en lumière d’un trouble sexuel répandu dont on n’ose vraiment parler…

 

Par Magali Croset-Calisto, sexologue clinicienne

 

Le terme « dyspareunie » provient de l’expression grecque signifiant « difficulté d’accouplement ». Différente du vaginisme ou encore de la frigidité, la dyspareunie relève d’un diagnostic organique et psychologique précis. Contrairement aux idées reçues, la dyspareunie n’est pas une fatalité et peut se soigner. Vous avez des douleurs au niveau génital ou vulvaire lors des rapports sexuels et plus particulièrement lors de la pénétration ? Vous ressentez régulièrement (pendant et après le rapport sexuel) des brûlures ou des sensations de coupures au niveau de l’entrée du vagin ? Une consultation chez un gynécologue et/ou un sexologue s’impose.

 

 Les causes de la dyspareunie : physiques ou psychologiques ?

 Après avoir déterminé s’il s’agit d’une dyspareunie primaire (douleur existante dès le premier rapport sexuel) ou d’une dyspareunie secondaire (douleur apparue plus tardivement après une période de bon fonctionnement), le spécialiste s’intéressera aux causes physiques et psychologiques à l’origine du symptôme. Très fréquemment, les dyspareunies ont un point de départ organique (infections et mycoses à répétitions, affections du périnée suite à un accouchement, ménopause, etc.) mais une fois la cause organique traitée, il est possible  que des douleurs persistent et viennent polluer votre vie de couple. En effet, les facteurs qui déclenchent une dyspareunie diffèrent souvent de ceux qui la maintiennent. La peur de souffrir au moment de la pénétration par exemple provoque fréquemment une tension des muscles à l’entrée du vagin déclenchant ensuite une dyspareunie psychologique. La pénétration peut alors se transformer en vrai calvaire, notamment en raison de l’impact anxiogène des douleurs vécues et ressenties auparavant. A ce stade, le caractère psychologique prend le dessus et tout spécialiste se doit alors de proposer un accompagnement thérapeutique approprié.

 

 Qui et quand consulter ?

En cas de douleurs répétées au niveau vulvaire ou vaginal lors d’un acte sexuel, il faut consulter. Une dyspareunie non traitée peut durer des mois, voire des années… elle peut également disparaître pour récidiver plus tard, lors d’un conflit personnel ou de couple. Dans la dernière grande enquête menée sur la sexualité des Français*, 16% des femmes de 18 à 69 ans ont déclaré avoir eu régulièrement des rapports douloureux au cours des douze derniers mois. Le gynécologue est le premier interlocuteur de la femme en cas de dysfonctionnement sexuel. Toutefois, selon l’étude récente menée par le Dr Anne Gicquel**, 74% de ces derniers déclareraient ne pas avoir été formés en sexologie durant leur cursus universitaire ou au cours de leur pratique clinique. La Suisse en revanche, intègre judicieusement une approche sexologique et psychologique à la formation initiale des médecins gynécologues. Aussi, selon le bilan et la spécialisation de votre gynécologue, n’hésitez pas à consulter également un sexologue. Ce dernier vous permettra d’établir un diagnostic complet des ressorts de la dyspareunie tout en vous accompagnant dans une approche thérapeutique personnalisée.

 

 Quelle approche thérapeutique privilégier ?

Lorsqu’une dyspareunie persiste à la suite d’un traitement médical, un accompagnement thérapeutique s’avère pertinent. Les exercices de relaxation offrent de bons résultats en matière de déconditionnement et d’appréhension de la douleur. De même, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) représentent une approche très efficace pour traiter la dyspareunie d’origine psychologique et favoriser la réérotisation de son propre corps mais aussi de sa relation de couple, souvent mise à mal par ces douleurs à répétition. N’hésitez donc pas à consulter pour reprendre confiance en votre sexualité et faire de votre vie intime, un lieu de bien-être et de plaisir retrouvé.

 

* Bajos N, Bozon M. Enquête sur la sexualité en France. Paris : La Découverte ; 2008.

** Dr Anne Gicquel, Le quotidien du médecin n° 9243, p. 7, 21 mai 2013.

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