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Publié par CALISTO, écrivaine et sexologue

 INTERVIEW de Laurent Karila,  
 Psychiatre addictologue à l'Hôpital Paul Brousse, Paris-Villejuif 

 

Philippe Huguen AFP : Cachets et gélules de médicaments

Article de Bérénice Dubuc

pour http://m.20minutes.fr/sante/1380457-france-champions-incontrolables-prescription-psychotropes

 

«En France, on est champions incontrôlables dans la prescription de psychotropes». Près d'un tiers des Français (32%) utilisent ce type de médicaments, lesquels peuvent causer des effets secondaires graves...

La consommation de psychotropes (anxiolytiques, hypnotiques…) ne cesse de progresser en France. Selon une étude de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), citée dans Le Parisien ce mardi, près d’un tiers des Français (32 %) utilisent ces médicaments. Or, ces derniers (Rohypnol, Lexomil, Xanax, Tranxène,…) peuvent causer des effets secondaires graves par mauvais usage (durée de prescription non respectée, association à des médicaments peu compatibles…). Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul Brousse, expose les conséquences sur la santé de l’usage de psychotropes.

Quels sont les risques associés à cette classe de médicaments?

Avec les anxiolytiques et hypnotiques, notamment les benzodiazépines, il y a tout d’abord un vrai risque d’addiction, car ce sont des molécules psychotropes qui agissent sur le cerveau. Il y a un risque pour certains patients de s’accrocher à ces molécules. Il peut y avoir ce qu’on appelle un «débordement d’usage»: une personne qui prend depuis 10 ans du Lexomil pour dormir et qui continue de le faire par exemple.

Mais il y a aussi des cas de personnes totalement dépendantes à ces molécules, qui les consomment comme d’autres drogues -héroïne, cannabis…- et qui développent une véritable addiction. Et, en France, on est champions incontrôlables dans la prescription de ce type de médicaments: normalement, un traitement dure trois mois, sevrage inclus. Mais la pratique quotidienne est bien loin de ça.

Y a-t-il d’autres risques?

Outre les risques de dépendance, il peut y avoir des risques liés à la prise de ces médicaments -mélanges dangereux de différentes molécules ou bien d’anxiolytiques et d’alcool. Un autre effet indésirable fréquent est l'«effet rebond», c’est-à-dire l’effet inverse de celui recherché par la prise du médicament. Au lieu d’être moins stressé, le patient peut l’être beaucoup plus.

La consommation de ce type de médicaments peut aussi amener des troubles cognitifs. Il peut y avoir par exemple des risques de chutes, d’accidents de la route pour les patients qui consomment beaucoup d’anxiolytiques, car ces derniers ont un impact sur toutes les fonctions cognitives -mémoire, attention, concentration. C’est aussi pour cela qu’il faut éviter la prescription de benzodiazépines chez les sujets âgés.

D’autant plus qu’une étude a établi un lien entre consommation de benzodiazépines et démence…

Cette étude n’a, à ma connaissance, pas été répliquée, donc il faut être prudent. Il faut qu’elle soit répliquée pour que ce soit une vérité absolue.

 

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