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Le Blog de Magali Croset-Calisto

Le Blog de Magali Croset-Calisto

Ecrivaine, sexologue clinicienne et psychoaddictologue. SOS Addictions, SFSC, AIUS, Académie des Sciences sexologiques. Rédactrice au Huffington Post, L'Obs, ActivMag, Mediapart. http://www.psycho-sante74.com


A la rencontre de NiKoDem (artiste) www.nkdm.com/blog/

Publié par CALISTO sur 14 Novembre 2010, 18:27pm

Catégories : #Articles de Magali Croset-Calisto

Symposium 2010

Domaine de Saint Jean de Chépy

 

 Suite de mes rencontres d'artistes lors du Symposium 2010 de St jean de Chépy consacré au Land art... 

 

  

NiKoDem

 http://www.nkdm.com/blog/

 

IMG_0004.jpg

 

                                            Pourriez-vous me décrire l'œuvre actuellement en création au Domaine de Saint-Jean de Chépy, dans son double point de vue : matériel et symbolique?

 

                        A l'occasion de ce Symposium, j'ai cherché à créer une œuvre naturelle in extenso, c'est à dire qui provienne de la nature tout en ayant pour but d'y retourner. Ma cité de bambous relève de cette volonté de récupération d'éléments végétaux à des fins esthétiques et naturelles. Le bambou possède la particularité d'être très souple tout en étant très résistant. Il se plie au travail facilement, ce qui représente un intérêt manuel non négligeable. L'enchevêtrement vertical autant qu'horizontal créé par la disposition des branches en perspective (quasi en anamorphose) constitue une architecture sous-tendue par des lignes de fuites que l'on pourrait qualifier de « ton sur ton » (le vert du bambou superposé au vert du fond naturel). Par le jeu de forme, de taille, d'échelle également, je cherche à construire des volumes que le public pourra  visualiser de l'extérieur, contourner ou également y pénétrer afin de considérer la ville créée sous toutes ses coutures. La finalité de mon travail est de constituer une ville naturelle et donc biodégradable que le public puisse « habiter ». Les enfants s’y aventureront peut-être comme dans un curieux  labyrinthe, là où les adultes s'attendront à voir surgir de la lumière solaire ou des lignes d'horizon céleste à travers la perspective verticale du matériau naturel. La fonction temporelle est également une composante essentielle de l'œuvre. C'est lorsque je quitterai les lieux que ma création artistique pourra vraiment prendre forme et s'épanouir. Le bambou en tant que plante prolifère par excellence fournira peu à peu de jeunes pousses qui viendront, au fil du temps, orner les parois intérieures de la cité initiale. Et mon bosquet originel de bambous fait de formes rectangulaires (de gros cubes disposés les uns à côté des autres) se métamorphosera peu à peu en globe voire en construction informe. La nature reprendra ses droits sur le passage de l'artiste et donc de l'humain. Ma création première deviendra telle une cité engloutie, soumise aux aléas naturels et au pouvoir des plantes. Mon travail joue avec la notion de détérioration et de passage du temps. A ce titre, le travail photographique pourra attester de l'évolution de l'œuvre et en constituer au final sa raison d'être et sa mémoire.

 

 

                                            Vous situez-vous dans une mouvance artistique particulière? Quel lien existe-t-il entre votre œuvre et la théorie du Land Art?

 

Depuis mes études, j'ai conservé le goût de la sculpture, des volumes et du modelage en général. Pour de multiples raisons, je me suis tourné davantage vers le graf et la peinture, tout en entretenant des liens particuliers avec les formes et les perspectives pour lesquelles je voue un engouement réel. Dans l'idée de ce symposium et du land Art qu'il suggère, je souhaitais m'inspirer d'éléments biodégradables et issus du cadre naturel. Ma ville « verte » est faite de lignes qui donnent des perspectives de plongées et contre-plongées tout en s'inscrivant dans une évolution naturelle de part les matériaux végétaux utilisés, puisqu'ils ne laissent aucune trace à long terme. De fait, le modelage en tant que force motrice de l'œuvre disparaîtra totalement devant la reconquête des éléments. Je voulais prendre ce que la nature nous donne et qu'elle puisse imposer également « sa patte » sur la création finale. L'artiste tend vers la perfection sans toutefois pouvoir la créer, mais j'aime et recherche ce côté imparfait qui donne du cachet aux choses.

 HPIM3160-copie-1.JPG

 

                                            Quel est le moteur de votre inspiration? Revendiquez-vous des maîtres ou références esthétiques en particulier ?

 

Je ne m'inscris pas dans un mouvement en particulier mais j'ai le souci constant de la récupération. Pourquoi aller acheter alors que l'on peut récupérer et trouver des éléments organiques, végétaux, minéraux directement réutilisables? L'utilisation détournée de matériaux ou des éléments à des fins esthétiques me plaît. Pour ce qui est des bambous utilisés pour cette création, j’ai choisi d’élaguer une bambouseraie (au grand plaisir de son propriétaire) et de revendiquer un art novateur pour moi et écologique. J'ai l'âme d'un chercheur, j'aime la nouveauté. Ouvrir de nouvelles perspectives dans mon champ d'application est un défi permanent.

 

 

          Que vous inspire ce moment de résidence au Domaine de Saint-Jean de Chépy? Que pensez-vous des échanges techniques et esthétiques engagés au contact des autres artistes?

 

Le cadre est propice aux échanges et aux rencontres au Domaine de Saint-Jean de Chépy. Il y a une aisance et une connivence indéniable entre les artistes actuellement en résidence. Je fais notamment ce métier pour vivre de rencontres et d'événements enrichissants sur le plan de l’humain et de l’esthétisme. Ce Symposium est propice à la découverte. Les différences entre les artistes se situent non pas entre les générations présentes mais davantage entre les matériaux utilisés et les messages qui en découlent. Ce Symposium nous permet d'aller toujours plus loin dans la quête de l'art.

 

 

           Si un mot ou une expression pouvait caractériser l'œuvre en cours, quels seraient-ils?

  

La Cité verte !

  HPIM3157.JPG

 

 

Propos recueillis par Magali Croset*

Saint Jean de Chépy, août 2010

 

  

 

*nom civil de CALISTO, usité dans le cadre de la critique d'art et des recherches universitaires

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