Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Le Blog de Magali Croset-Calisto, sexologue et auteure

 

Rubrique « Sexo by Calisto », page 14.

ACTIVES Magazine

 

actives_2014_12

 

Quand la machine s'emballe...

ou comment traiter les problèmes d'éjaculation prématurée.

 

Selon une récente étude sexologique, un homme sur trois souffre d’éjaculation prématurée (ou éjaculation précoce) de manière chronique. Pourtant, l’éjaculation prématurée n’est pas une fatalité et peut se soigner. Voici quelques pistes pour comprendre et freiner la machine quand elle s’emballe…

 

Par Magali Croset-Calisto, sexologue clinicienne

 

 

Désir, excitation sexuelle et éjaculation…

L’éjaculation prématurée fait partie des dysfonctions sexuelles. Elle se caractérise par un manque de contrôle de l’excitation sexuelle menant à une éjaculation trop rapide (en moins de deux minutes) ne permettant pas le plaisir des deux partenaires. Il n’est pas possible pour un homme de pouvoir contrôler l’éjaculation qui est un mécanisme « réflexe » des muscles du périnée. En revanche, tout homme peut apprendre à maîtriser la durée de sa phase d’excitation afin de prolonger le plaisir et retarder ainsi son éjaculation.

 

Une spirale psychologique

L’éjaculation prématurée relève le plus souvent d’une cause psychologique et/ou relationnelle : sensibilité, émotivité, stress, angoisse, apprentissage sexuel inadéquat … Elle peut se produire de manière occasionnelle ou devenir un problème permanent qui peut profondément perturber la relation de couple (car une femme a besoin en moyenne de huit minutes pour arriver à l’orgasme). Par ailleurs, plus l’éjaculation prématurée est redoutée et plus elle risque de se reproduire. Cependant, quelle que soit la cause, il est toujours possible d’apprendre à retarder le moment de l’éjaculation par un travail individuel (ou de couple) mené auprès d’un spécialiste.

 

Des solutions existent

- crèmes ou préservatifs anesthésiants : ils diminuent la sensibilité du gland et permettent un meilleur contrôle. Leur véritable efficacité reste encore à démontrer…

 

- antidépresseurs : certains antidépresseurs ayant comme principe actif la dapoxétine agissent directement sur le réflexe d’expulsion éjaculatoire. Le comprimé est à prendre une à trois heures avant le rapport sexuel.

 

 Mais si la réponse médicamenteuse peut traiter temporairement une éjaculation prématurée, seul un travail thérapeutique pourra porter ses fruits sur du long terme. Exemples :

 

- la méthode du « stop and go » : l’homme doit apprendre à identifier les variations de son excitation et faire des pauses quand se profile le point de non-retour (« stop ») puis reprendre une fois que celui-ci est reporté (« go »).

 

- Exercices respiratoires et techniques de relaxation : pour apprendre à se détendre, à écouter son corps et à gérer l’anxiété.

 

- La rééducation périnéale : elle permet de réapprendre à maîtriser la contraction et la détente des muscles responsables de l’expulsion éjaculatoire. Il s’agit donc de muscler le périnée en contractant les muscles de cette zone plusieurs fois par jour (autre exemple : lorsque vous urinez, interrompez volontairement et à plusieurs reprises le jet d’urine).

NB : La méthode du « squeezing » (années 70) qui consistait à pincer très fort le gland afin de repousser l’éjaculation n’est plus de mise. Cette technique s’avérait douloureuse pour l’homme et faisait retomber au final son érection. Ce qui n’est pas le but recherché !

 

Pour conclure, l’éjaculation prématurée n’est pas une fatalité. Des solutions existent. De surcroit, plus elle sera prise en charge rapidement et moins elle pèsera sur l’équilibre du couple. N’hésitez donc pas à consulter un sexologue afin de mettre toutes les chances de votre côté pour sortir de la spirale et retrouver un plaisir partagé.

 

 

ACTIVES Magazine

Numéro de décembre 2014

http://www.activesmag.fr/

 

Quand la machine s'emballe...
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article