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Le Blog de Magali Croset-Calisto

Le Blog de Magali Croset-Calisto

Ecrivaine, sexologue clinicienne et psychoaddictologue. SOS Addictions, SFSC, AIUS, Académie des Sciences sexologiques. Rédactrice au Huffington Post, L'Obs, ActivMag, Mediapart. http://www.psycho-sante74.com


Dis-moi quelle est ton anagramme...

Publié par Magali Croset-Calisto, sexologue clinicienne et auteur(e) sur 12 Août 2014, 17:24pm

Catégories : #Articles de Magali Croset-Calisto

Connaissez-vous le principe des anagrammes? Vous savez, ce jeu qui consiste à mélanger les lettres d'un mot pour en former un autre ? Et ce bel ouvrage Anagrammes renversantes issu de la rencontre du physicien Etienne Klein et du poète jazzman Jacques Perry-Salkow ? Vous êtes-vous déjà amusé à découvrir votre ou vos propres anagrammes? Si toutefois la négative était de rigueur, alors bienvenus chez les amateurs de sens cachés du monde (et de soi) et découvreurs de pépites littéraires...

1. Le principe des anagrammes est une manière ludique de déconstruire des mots ou des expressions pour en reformer d'autres (ces dernières pouvant parfois s'avérer très éclairantes, voire déroutantes, au regard de la formule initiale. Ex : Albert Einstein = Rien n'est établi).

 

2. Comme nous l'a rappelé le physicien et philosophe des sciences Etienne Klein dans ses chroniques sur France Culture notamment, il n'était pas rare que les scientifiques (comme Galilée par exemple) utilisent des codes pour exposer - et dans le même temps protéger - une découverte. Ces codes passaient souvent inaperçus car il s'agissait d'anagrammes qu'il fallait savoir judicieusement décrypter! (Je vous renvoie aux articles d'Etienne Klein antérieurs et à venir sur le sujet). Le procédé ne date donc pas d'aujourd'hui et les anagrammes ont servi la science dès le début des plus grandes découvertes !

Quant à Jacques Perry-Salkow (manieur de mots, à l'oreille polysémique et musicale), sa maestria en la matière n'est plus à prouver. Les lettres semblent tout simplement danser sous ses yeux. Il suffit de voir comment à partir d'expressions qu'on lui propose, il en fait jaillir d'autres jusqu'alors dissimulées à notre regard et à notre entendement. Pour preuve, permettez-moi de vous faire partager l'anagramme que le poète révéla - en l'espace d'un instant - de mon nom d'auteure-sexologue, soit :

 

MAGALI CROSET-CALISTO

=

CALISTO CITA L'ORGASME

 

Ayant choisi le pseudonyme Calisto à l'époque pour mieux pouvoir évoquer la sexologie et la sexualité librement (outre mon statut de sexologue clinicienne, j'avais encore une activité de chargée de cours en littérature par ailleurs), vous en conviendrez qu'en effet, c'est bien Calisto qui cita l'orgasme et que Magali Croset-Calisto en reste encore bouche bée!

Bien-sûr, gardons-nous des sur-interprétations et des psychanalyses sauvages ; mais si après cela vous n'êtes pas convaincus du pouvoir ludique et déroutant des anagrammes...

Et vous d'ailleurs, chers lecteurs, quelle sera votre anagramme...?

 

Un GRAND merci à Jacques Perry-Salkow pour cette congruente trouvaille.

 

A lire et rerouver sur le site Paris-Saclay Le Média :

Source Média Paris-Saclay : http://www.media-paris-saclay.fr/rencontre-entre-un-physicien-et-un-pianiste-autour-d%E2%80%99anagrammes-entretien-avec-etienne-klein/

 
L’un est physicien, l’autre pianiste et compositeur… Ils viennent de publier ensemble un ouvrage sur… les anagrammes (éditions Flammarion). Une rencontre improbable autour d’un sujet inattendu. L’un et l’autre ont bien voulu lever le voile sur cet art particulier.

Etienne Klein :

Son précédent ouvrage portait sur les nanotechnologies (Le Small bang des nanotechnologies, Odile Jacob, 2011). Comment l’illustre physicien en est-il venu à s’aventurer sur le terrain des anagrammes avec… un pianiste ? Réponse dans cet entretien qu’il nous a accordé à la fin du mois de janvier dernier, au Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière, à Saclay, juste avant de prendre le TGV pour rejoindre le Cern, le collisionneur de particules européen à la conception duquel il a participé. 

Kleinpay

Comment s’est faite la rencontre avec Jacques Perry-Salkow ?

Par le plus curieux des hasards. En 2009, un journaliste d’Arte était venu chez moi pour me questionner sur le boson de Higgs : je me trouvais assis devant ma bibliothèque où figurait en bonne place Le Pékinois, le premier livre de Jacques, que j’avais moi-même trouvé par hasard (il s’agissait déjà d’un petit dictionnaire anagrammique des célébrités). Un des amis de Jacques voyant la vidéo l’a aussitôt prévenu sur le mode : « regarde, il y a un gars qui parle de physique et qui a ton bouquin ! » Quelques mois plus tard, je me rendis à Tours pour y donner une conférence, sans savoir que Jacques y habitait. A la fin, un homme s’approche de moi : « Bonsoir, je suis l’auteur du Pékinois…». Il était venu spécialement pour voir le « gars qui avait lu son livre ». On a aussitôt sympathisé et poursuivi nos échanges par e-mails.

Comment l’idée de faire un livre ensemble a-t-elle germé ?

Elle est venue assez naturellement alors que je rédigeais un livre intitulé Discours sur l’origine de l’univers (Flammarion, 2010). Jacques et moi échangions autour de cette idée d’origine, qu’elle s’appliquât à l’univers, à la matière, au langage… Il revenait vers moi avec des anagrammes que je trouvais particulièrement belles, par exemple l’accélérateur de particules qui donne « éclipsera l’éclat du créateur ». Je lui ai proposé que nous écrivions ensemble un livre un peu différent de son précédent, dans lequel on ne se contenterait pas de délivrer l’anagramme, mais où on ferait le lien avec l’expression initiale au travers de textes poétiques qui feraient la transition. Par exemple, « la chute du corps » donne «hors du spectacle ». Quelle relation peut-il y avoir entre ces deux expressions ? En vérité, un lien très profond les connecte l’une à l’autre, qui renvoie à Galilée : ce dernier avait défendu l’idée que les vraies lois de la physique ne sont pas directement visibles, qu’elles sont en quelque sorte cachées sous les phénomènes, et qu’elles peuvent même sembler les contredire.
Mais parfois, les anagrammes sont si puissantes qu’elles se passent de commentaires ou permettent de poursuivre une phrase avec l’expression initiale. Par exemple : « Et les particules élémentaires » donne un magnifique « tissèrent l’espace et la lumière ».

On imagine que l’éditeur a été séduit d’emblée par votre projet…

Ce ne fut pas aussi simple que cela. L’éditeur, qui a publié l’ouvrage, avait d’abord exprimé quelques doutes, craignant que cet ouvrage vire à l’OuLiPo de bas étage. Mais un argument acheva de le convaincre : « Les éditions Flammarion » donne « L’arôme des mots à l’infini », ce qui est fort flatteur ! Une fois le projet acté, on s’est mis à produire de nombreuses anagrammes en reprenant les expressions canoniques de la physique, mais aussi de la littérature ou de l’actualité économique.
L’ouvrage ne réunit qu’un échantillon de ce que nous avons trouvé. Parmi les anagrammes recalées, citons : le chat de Schrödinger qui donne « le choc d’hier est grand » ; le Médiator, « la mort idéale » ; last but not least, The Rolling Stones (le plus grand groupe du monde, n’est-ce pas ?) qui donne « Song to rest in hell ! », en lointain écho à leur chanson Sympathy for the devil…

Avez-vous recouru à un logiciel…

Non, et pour cause : les logiciels disponibles sur internet ne sont pas en mesure de combiner des anagrammes ayant du sens. D’ailleurs, en entrant nos propres expressions, nous nous sommes aperçu qu’aucun ne parvenait à nos trouvailles. Y compris pour Albert Einstein dont l’anagramme (« Rien n’est établi ») implique d’ajouter une apostrophe.
Mes talents personnels sont en la matière limités : comme tout le monde, je peux trouver les anagrammes de deux mots, voire trois, mais je cale au-delà. Jacques, lui, est capable d’en trouver qui sont aussi longues qu’une phrase, et cela assez rapidement ! J’imagine et même espère qu’un quotidien finira par le recruter pour fabriquer l’anagramme du jour et offrir à ses lecteurs un autre regard sur l’actualité.

La langue française se prête-elle plus facilement que d’autres à l’exercice ?

A priori, toutes les langues alphabétiques s’y prêtent, avec plus ou moins de bonheur. Mais au-delà de la langue, il y a ce goût prononcé des Français pour les jeux de mot et l’écriture à contrainte. Voyez le culte que nous vouons aux contrepèteries, un exercice encore différent de l’anagramme (la contrepartie s’appuie sur les sonorités et non pas sur les lettres).
Les anagrammes se pratiquent bien aussi avec les langues mortes, comme le latin. Le linguiste Saussure a d’ailleurs rédigé de nombreuses études sur les anagrammes qu’on trouve dans les œuvres de poètes grecs, études qui ont inspiré Jean Starobinski, auteur d’un livre superbe (Les mots sous les mots. les anagrammes de Ferdinand de Saussure éditions Gallimard, 1971).

De quand date la pratique de l’anagramme ?

Je suppose que cette pratique a l’âge de l’écriture alphabétique. Aux XVIe et XVIIe siècle, elle pénétra les cours d’Europe et le monde des savants. Galilée utilisait les anagrammes pour s’assurer la priorité de ses observations astronomiques tout en différant leur exposé complet et en se donnant le temps de les affiner. Par exemple, quand il croit avoir découvert que la planète Saturne est accompagnés de deux satellites (qui se révèleront être les anneaux de Saturne), il envoie à Kepler, sous forme d’anagramme en latin, la phrase suivante : « J’ai observé que la planète la plus haute est tri-jumelle ». Ce que Kepler traduira de façon erronée (toujours en latin) par « La planète Mars a deux satellites ». Or cette traduction fausse contenait elle aussi une vérité : les deux satellites de Mars furent découverts en 1877… Magie des anagrammes….
En 1667, le mathématicien et astronome Christian Huygens proposa à la Royal Society d’officialiser l’utilisation des anagrammes pour préserver, comme le voulait Galilée, les droits de propriété sur une découverte. Lui-même envoya quatorze anagrammes portant sur des découvertes qu’il avait faites sur le pendule et les lentilles. Mais l’idée ne séduisit guère…
Pour le physicien que je suis, les anagrammes peuvent avoir pour vertu de traduire de manière poétique des résultats scientifiques. A cet égard, certaines sont particulièrement troublantes comme le « boson scalaire de Higgs » qui donne l’«horloge des anges d’ici-bas »… Elle a un sens profond : dans l’univers primordial, avant d’interagir avec l’évanescent boson de Higgs, les particules élémentaires n’avaient pas de masse ; dès qu’elles en ont acquis une, elles se sont trouvées ici-bas affublées d’un temps propre, c’est-à-dire d’une sorte d’horloge portative…

Que dites-vous à ceux qui y verraient comme un sens caché ?

Qu’il faut se garder de sur-interpréter les anagrammes. Notre démarche relève de ce que les Anglais appellent le « cherry pîcking », c’est-à-dire de la cueillette des cerises : on ne prend que les bonnes… L’exercice relève surtout de la poésie, du jeu, et il sollicite notre faculté à l’émerveillement. Les illustrations à deux couleurs qui jalonnent notre ouvrage concourent à restituer cette dimension poétique. Elles sont dues à Donatien Mary, un jeune graphiste très talentueux.
L’histoire n’est jamais écrite à l’avance, même si de terribles anagrammes peuvent laisser penser le contraire. Comme Le Maréchal Pétain qui donne… « Place à Hitler, amen !»… On pense aussitôt à la visite du Maréchal à notre Dame de Paris, et cela fait froid dans le dos. Pour finir sur une note plus positive, je mettrai en exergue une autre des anagrammes qui m’émerveille particulièrement : la courbure de l’espace-temps = superbe spectacle de l’amour…

 

Jacques Perry-Salkow :

Pianiste et compositeur, on lui doit également deux recueils d’anagrammes (Le Pékinois et Anagrammes pour sourire et rêver, publiés au Seuil, respectivement en 2007 et 2009) et des lettres à décoder (Mots d’amour secrets, avec Frédéric Schmitter, éditions Points, 2011). Il a bien voulu lever le voile sur ses secrets de fabrication en matière d’anagrammes. Tout un art…

perry

Comme procédez-vous pour trouver des anagrammes ?

J’écris le nom, la formule ou la phrase qu’on me soumet et je laisse venir à moi, surgir les mots. Je ne force rien. Je procède plus par méditation que par une recherche systématique des combinaisons possibles, comme le ferait un joueur de scrabble. Un peu à la manière du peintre chinois qui, avant le premier geste, contemple longuement le vide de sa toile. C’est dire que l’intuition entre pour une bonne part dans la découverte.

Un exemple ?

Albert Einstein, ma première anagramme. Au bout d’un moment, j’ai vu qu’il y avait « rien ». Or « rien » appelle une négation. Elle y était. « Rien n’est… » Et qui dit Einstein pense spontanément à relatif. Quelques secondes plus tard, la solution était complète. « Rien n’est établi. »

Vous procédez donc aussi suivant la logique syntaxique en plus de l’intuition…

En effet, j’ai comme un pressentiment de la syntaxe fluide, ce qui m’est très précieux. C’est d’ailleurs toute la différence qu’il y a entre l’esprit humain et un logiciel de recherche anagrammatique.

Un nom ou une formule peut-il/peut-elle donner plusieurs anagrammes ?

Oui, bien sûr. Le nombre de solutions est même parfois astronomique. Mais pour moi, il n’en existe qu’une. Celle que j’appelle L’anagramme et qui s’impose comme l’ombre à la lumière. Par acquis de conscience, je m’emploie à chercher d’autres combinaisons. Mais j’arrive rarement à trouver quelque chose de meilleur.

Quelle est la part de l’imagination ?

Je me borne à révéler une chose qui existe déjà. Les anagrammes sont des phrases endormies, qu’il s’agit d’éveiller à notre attention. On n’invente pas une anagramme, on l’invite, on la découvre. Le découvreur doit mettre de côté son « vouloir dire ». Sans quoi il s’enferme dans un registre donné, alors que l’anagramme, bien souvent, demande à le faire basculer dans un autre, différent. Prenez, par exemple, « La courbure de l’espace-temps ». M’ingéniant à lui faire dire quelque chose de scientifique, aurais-je vu « Superbe spectacle de l’amour » ? Voilà un registre inattendu qui éclaire autrement les notions du physicien. Cette courbure prend tout à coup une dimension sensuelle, capable d’émouvoir, voire de modifier le regard du physicien. Il faut lire le texte d’Étienne, qui éclaire magnifiquement cette anagramme. « Aider l’anagramme à naître », voilà le maître mot.

Combien de temps la révélation de l’anagramme peut-elle prendre ?

C’est variable. Les énoncés les plus longs ne prennent pas nécessairement plus de temps que les plus brefs. Tout dépend de l’état dans lequel vous êtes. Cela dit, cela peut aller vite. Avec le temps, le cerveau cultive une aptitude à percevoir rapidement des solutions, pour peu qu’on soit dans le lâcher prise. L’important, c’est le mot libérateur, le mot qui va permettre aux lettres de se mettre en place. « Le boson scalaire de Higgs », par exemple : l’expression resta silencieuse aussi longtemps que je ne voyais pas le mot « horloge » endormi dans le lit de l’énoncé. Ce mot, c’est la clef. Un mécanisme se libère, des engrenages se mettent à tourner et bientôt sonne « L’horloge des anges ici-bas ».

Parmi les anagrammes, beaucoup révèlent comme un sens caché. Que dites-vous à ceux qui seraient enclins à une surinterprétation ?

Les anagrammes sont à considérer pour ce qu’elles sont : des motifs d’émerveillement. Pourquoi leur demander plus ? Pourquoi vouloir y déceler des intentions cachées, comme si une volonté supérieure y avait mis quelque malice ? Certes, les anagrammes ont été un moyen de communiquer des messages secrets. Mais c’étaient des hommes. Galilée, par exemple, communiqua sous forme d’anagrammes certaines de ses découvertes ; c’était là un moyen de s’assurer la priorité de ses observations tout en les entourant de mystère.

Mais revenons sur l’émerveillement. L’émerveillement n’est pas rien. En lisant des articles d’Étienne, j’ai remarqué qu’il évoque ce sentiment comme un moyen de relancer l’attrait des sciences auprès des jeunes.

Comment s’est noué le dialogue avec un physicien inscrit a priori dans une tout autre rationalité que celle du musicien que vous êtes ?

Aussi improbable soit-il, notre duo a fonctionné à merveille. Une vraie alchimie s’est opérée entre nous. À la manière d’un Montaigne, Étienne est quelqu’un qui se méfie beaucoup des certitudes assénées à la hâte et autres fables aux allures de « bouche-trous cognitifs », je cite. Il est rigoureux dans ses raisonnements, tout en faisant preuve de beaucoup de sensibilité, d’humour. Il faut le voir s’emballer devant une anagramme ! Et puis Étienne est un poète qui s’ignore.

 

J’ai toujours pensé que le physicien et le poète (ou appelons-le l’amoureux des mots) avaient un point commun : l’un et l’autre cherchent à nommer le réel, ou du moins à dire quelque chose de lui. Le premier l’exprime au moyen d’équations, le second par des mots. Proust lui-même le dit dans la Recherche du temps perdu. Proust sent qu’il ne va pas au bout de son impression, que quelque chose est caché derrière la réalité, quelque chose qu’elle semble contenir et dérober à la fois. Et cette chose, je cite, c’est une « jolie phrase ». De fait, quand il a fini d’écrire, Proust se trouve heureux, comme si l’écriture l’avait parfaitement débarrassé de la réalité et de ce qu’elle cachait derrière elle.

Bien que non scientifique de formation, je trouve qu’il y a beaucoup de poésie dans la physique. Et, inversement, quelque chose de la rigueur de la physique dans la poésie. Peut-être devrions-nous nous garder de cloisonner les univers. Ils communiquent plus qu’on ne le pense.

Comme avez-vous travaillé ensemble ?

Étienne me soumettait des noms ou des expressions de physique. Charge à moi de les traduire en anagrammes. Je dirais plutôt de les transmuter, car l’opération n’est pas sans évoquer l’alchimie.

Vous êtes par ailleurs pianiste, cela prédispose-t-il à cet art ?

Ce sont a priori deux univers distincts. Les périodes où j’écris, je ne joue pas de piano ! En réalité, là aussi les vases communiquent. La pratique de la musique cultive la sensibilité à la musicalité, au rythme de la phrase. J’ai toujours présent à l’esprit le vers de Verlaine : « De la musique avant toute chose ». Ou bien la musique de Bach. Bach est l’équilibre parfait entre la forme savante et le cours naturel d’un ruisseau (d’ailleurs Bach signifie « ruisseau »). L’anagramme, c’est pareil. Il faut qu’elle soit sensée mais aussi qu’elle coule.

 

 

 

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